Rien n’est noir de Claire Berest aux éditions Stock.

Rien n’est noir est le deuxième roman le plus plébiscité par les blogueurs et instagrammeurs pour le Grand Prix des blogueurs 2019, et lors de la soirée du 31 janvier dernier, j’ai passé un excellent moment avec Claire Berest pour une séance de dédicace intense, de part la personnalité extrêmement douce et bienveillante de l’auteur, son coup de crayon pour dessiner et embellir la première page et le temps qu’elle accorde à chacun de ses lecteurs, un vrai échange, comme je les aime.

Si vous êtes comme moi, dans la nébuleuse totale de celle que l’on aperçoit dessinée sur des objets de déco, cousue sur des tote bags, imprimée sur des tee shirts ou brodée sur des paniers en osier, alors ce roman est pour vous et Frida Kalho n’aura plus aucun secret pour vous.

Quelle découverte humaine et artistique! Celle qui est plus connu pour son visage anguleux et sévère, ses sourcils rapprochés, sa fine moustache de brunette, ses fleurs dans les cheveux portées en macaron- certes c’est bien elle!- mais ce portrait est bien restrictif à côté de ce qu’elle est vraiment : une femme entière, crue parfois, exubérante, blessée dans sa chair par un violent accident, une femme amoureuse et passionnée et certainement le plus grand peintre surréaliste féminin mexicain. Claire Berest raconte Frida Kalho avec tellement de cœur que l’on ne peut que l’aimer: Frida Kalho et ses coups de gueule, ses dépressions, ses souffrances liées à la maternité, ses frasques, sa vie de débauche, d’alcool et de soirées mondaines, sa sensibilité envers les autres et son empathie.

Mais ce qui m’a le plus envoutée, le plus touchée, c’est Frida Kalho, folle d’amour pour son peintre de mari Diego Rivera – j’ai rarement vu un amour aussi absolu- et Frida Kalho, immense artiste peintre, précurseur et visionnaire.

Roman fort, sensible, passionné, poétique. Frida Kaklo et la plume fine, sensible et emportée de Claire Berest m’ont conquise, il ne pourra en être autrement pour vous aussi lecteurs. Et vous ne regarderez plus jamais Frida Kahlo de la même manière.

Claire Berest à la soirée du Grand Prix des Blogueurs – Paris, janvier 2020.

Le foulard rouge de Patrick Fort chez Gallimard.

C’est un beau roman, c’est une belle histoire … Michel Fugain aurait pu écrire ce refrain en refermant la dernière page du livre de Patrick Fort. Un roman captivant, intense qui vous entraine en Italie, en Espagne puis en France et pas n’importe où en France, dans nos Landes côtières et nos belles Pyrénées Atlantiques, en Béarn.

Maylis, Giovanni … Giovanni, Maylis … Une histoire d’amour sur fond de deuxième guerre mondiale, au camp de Gurs, et d’une richesse historique immense pour qui veut connaitre cette période sombre de l’histoire de la France, à quelques kilomètres de nos Landes …

Ce camp est un peu méconnu. Le Foulard rouge le ramène à la lumière de ce qu’il a été, un camp où l’on enfermait les réfractaires, les opposants, les indésirables, les parasites … Des hommes et des femmes de toute nationalité, basques, espagnols, allemands, hongrois, italiens, juifs, catholiques, parqués dans des baraquements alignés au carré, sales et inconfortables, séparés par une allée centrale et ceints de barbelés pour les empêcher de se parler, surveillés comme le lait sur le feu, où leur quotidien n’était que malheur, faim et solitude.

Giovanni est italien, venu se battre aux côtés des républicains espagnols qui luttaient contre Franco, Maylis est une jeune fille du village qui va croiser le chemin d’une militante du Secours Protestant et rentrer dans le camp pour aider les prisonniers.

Leurs engagements et leurs dévouements les mèneront jusqu’à un amour unique, authentique, dévoué. Jusqu’à la trahison.

Le Foulard rouge est un très beau roman, beau au sens de « qui fait naître un sentiment d’admiration », d’élévation culturelle et sentimentale: vous vibrerez avec Maylis, son audace, son courage et son désir d’aider l’autre est sans pareil, une femme que l’on n’oublie pas. Giovanni, forcément, je l’ai aimé tout de suite: sa force de caractère, son engagement, son renoncement puis sa résilience, sa solitude, ses peines enfouies m’ont touché en plein cœur, peut-être parce qu’il me rappelle, pour certains aspects, quelqu’un que j’ai aimé. Vous aimerez aussi les personnages secondaires comme Victor, le mari, Pierre l’ami fidèle ou le curé de la paroisse, les compagnons de combat et de camp, les vrais, ceux qui vous donnent la force d’avancer .

Il m’a fallu faire une pause après ce roman tellement mon ancrage dans le camp de Gurs était fort, tellement la présence de Giovanni et Maylis ne me lâchaient pas: longtemps, je me suis demandée pourquoi la vie pouvait faire se rencontrer des âmes perdues et puis les faire s’éloigner, j’ai ma réponse ici dans votre roman Patrick Fort que je plébiscite haut et fort parce qu’il porte les couleurs de l’espérance et de l’amour.

Coup de cœur assuré pour le roman de Patrick Fort, auteur pyrénéen qui vit et travaille au Moun, oui je l’avoue, je suis très honorée qu’un écrivain talentueux foule notre terre montoise.

Pour tenter d’oublier le passé ineffaçable et le présent étouffant, je n’ai pour seul horizon qu’un avenir incertain.(Giovanni)

Rencontres d’automne en terre montoise.

Librairie LACOSTE, samedi 21 septembre 2019 – Mont de Marsan.

Et ma PAL augmente, pour mon plus grand plaisir

21 septembre 2019: quatre nouveaux livres viennent enrichir ma Pile à Lire, 3 belles rencontres d’auteurs – 3 femmes de caractère et de grande humanité – un groupe de blogueuses des quatre coins du Sud Ouest -de beaux échanges littéraires en perspective- et les organisateurs sans qui rien n’aurait vu le jour: Nathalie, Marion et Michael.

  • Mille petits riens de Jodi Picoult (éditions Babel – Actes Sud) : merci Catherine, bookstagrameuse, j’ai tiré au sort ce bel ouvrage, j’en serai une digne lectrice
  • On n’efface pas les souvenirs de Sophie Renouard ( éditions Albin Michel), un livre, une rencontre, une femme de caractère et puis Btz …Tout l’été, je voulais acheter ce livre et quand j’ai su que Sophie venait dans ma ville, j’ai attendu …et ma patience a été plus que récompensée
  • Le bonheur n’a pas de rides de Anne-Gaelle Huon (éditions Le livre de Poche), son deuxième roman en format poche, une jeune auteur avec un sourire et un cœur gros comme ça ….
  • Sous le soleil de mes cheveux blonds d’Agathe Ruga (éditions Stock arpège), alias Agathe the book pour les blogueuses littéraires, un grand brin de fille qui pétille, qui vit à fond ses passions, une fille d’aujourd’hui qui mène tambour battant sa carrière et sa vie de maman

Pour ces Rencontres d’Automne, il y avait aussi Sabine Bolzan auteur de L’empreinte de la chair (éditions La Liseuse), Bruno Combes et son dernier roman Je ne cours plus qu’après mes rêves (éditions Michel Lafon), Laure Lapègue auteur de Playlist (éditions Booknseries), Serge de Bono, auteur montois de Crossroads (éditions AO). Il manquait Laurence Peyrin , auteur de Ma chérie (éditions Calmann Lévy).

J’espère qu’il y aura des Rencontres d’Hiver … Je dis ça, je dis rien. Merci à la librairie LACOSTE de Mont de Marsan de faire bouger la culture littéraire …