Bulle ou la voix de l’océan de René Fallet
J’ai étudié le livre à 10 ans en classe de CM2, et à en voir l’état des pages cornées et légèrement jaunies, je me souviens très bien que j’avais aimé l’histoire de ce coquillage voyageur qui brave les mers et se fait capturer par des méchants pirates. Il sera ensuite abandonné, testera la solitude et le désespoir jusqu’à découvrir l’amitié, la vraie, la fidèle.
Certes ce texte est poétique mais aujourd’hui en le redécouvrant, je lui trouve un côté cruel fait de descriptions de scènes violentes, tristes et le procédé d’écriture à l’aide d’images et de métaphores utilisé par l’auteur est difficile à comprendre parfois.
Au final, je n’ai apprécié le texte qu’à partir du moment où Bulle découvre l’amitié avec Jean. Je réalise alors que ma sensibilité aux événements tristes est exacerbée et qu’avec l’âge et l’expérience, le texte tant aimé de l’enfance me parait en 2023 une histoire plus sombre qu’il n’y parait. L’effet d’émerveillement n’a plus fonctionné. Je me demande même comment j’ai pu l’aimer autant à l’époque, bizarre comme sensation mais c’est certainement là tout l’art du conte.
Il me reste toutefois la mer, personnifiée, que René Fallet décrit avec tout son génie.
Je suis la mer. On me connait. Je suis salée. Je suis bleue quand le ciel est bleu, verte quand le ciel est…vert. […] Mais je peux être tempête, j’emporte les bateaux, fait claquer les drapeaux! il ne faut jamais oublier qui je suis.

Bulle ou la voix de l’océan est toujours édité chez Folio Junior ( Gallimard Jeunesse) mais avec une nouvelle couverture.
