Coïncidence ou pas, mes premiers achats de romans de l’année 2021 sont tous écrits par des auteurs italiens ou parlent de l’Italie. C’est donc tout naturellement que je dédie cette année littéraire à mon pays de cœur.
Come prima de Sophie Simon aux éditions Anne Carrière.
Le magnifique roman de Sophie Simon ouvre le bal de mes lectures 2021.
A Rome, Celso aime Elena et Elena aime Celso, d’un amour fusionnel, passionné et destructeur. Trente ans après leur séparation, ils se revoient. Le roman de Sophie Simon sur le questionnement de pourquoi je l’aime lui ? pourquoi elle ? vous happe comme un vent violent qui balaye tout sur son passage. Relation toxique ? Amour inconditionnel ?
Celso est rongé par la peur de perdre Elena, qu’elle lui échappe mais aussi par la peur de la posséder, vraiment. Elena veut être l’unique, celle que l’on ne partage pas. Aime t-on à 25 ans comme on aime à 60 ? L’attirance naturelle, cette loi de l’attraction contre quoi on ne peut rien peut-elle s’évaporer vraiment après toutes ces années passées loin de l’autre ?
J’ai aimé Celso, ses doutes, parfois il aurait eu besoin d’une bonne claque. J’ai détesté Elena, son besoin de vengeance destructrice mais je l’aurai bien prise dans mes bras parfois, pour la réconforter.
C’est là toute la force de ce roman, tantôt on aime, tantôt on déteste les décisions prises, les réactions et les actions de deux êtres guidés par un besoin d’exister l’un pour l’autre, d’une manière absolue.
Borgo Vecchio de Giosué Calaciura aux éditions Folio
Ce roman date de l’année 2017 et il vient d’être édité en format poche. Direction la Sicile et le quartier du Borgo Vecchio à Palerme. Si vous vous souvenez du quartier de Naples où Elena et Lila de l’Amie prodigieuse d’Elena Ferrante vivaient, eh bien, c’est pire, trois fois pire.
De la misère d’un quartier, de la pauvreté de ses habitants, de la violence faite à Cristofaro, du manque d’amour donné à Mimmo, ces deux amis d’enfance liés à la vie à la mort, de la candeur de Céleste qui attend sur le balcon que sa mère Carmela en finisse avec ses clients, Giosué Calaciura brosse un tableau sicilien à la manière d’un opéra où se mêlent à la fois la beauté et la haine, la violence et la bonté. Et puis il y a Toto, leur héros, l’ange gardien, celui qui vole mais surtout celui qu’ils voudraient tous pour père.
Giosué Calaciura est une grande découverte littéraire, avec un grand G. Son écriture est poétique, dense où dansent les métaphores, parfois difficiles à cerner certes mais si riches d’enseignement pour donner à ce roman insulaire toute sa force à résister à sa misère économique et morale. Parfois, je crois aux coïncidences et là, en l’occurrence, le prénom Giosuè serait-il l’apanage des grands poètes italiens? La littérature italienne contemporaine détiendrait-elle son nouveau Carducci ? Il se pourrait bien !

