A la ligne de Joseph Ponthus aux éditions de La Table Ronde.

Biarritz, août 2019: je rentre d’une petite virée en Bretagne où je m’étais lancée comme défi de ramener dans mes valises des romans au gré de mes pérégrinations dans les librairies indépendantes des Côtes d’Armor et du Morbihan.

Auray, Librairie Vent du soleil … le libraire est sympa, il aime l’Aquitaine, il golfe là bas, bref le courant passe, on discute, m’explique qu’il fait partie d’une association de libraires indépendants « Initiales », un libraire passionné comme il fait bon en rencontrer un peu partout en France.

Et sur le fil du rasoir il me conseille A la ligne de Joseph Ponthus alors que j’emportais un autre livre vers la caisse: « Prenez le , vous allez l’aimer c’est sûr ! »

Auray – Morbihan – août 2019

Ce libraire breton a vu juste: sur la plage de Biarritz, j’ai englouti ce roman en quelques jours, sa poésie a tout balayé sur son passage, me faisant oublier les soucis, les sautes d’humeurs des uns et des autres – les vacances en famille ce n’est pas toujours simple – mais surtout que la rentrée approchait.

A la ligne est un grand poème, une ode à la liberté et au partage: 263 pages de vers, envers et contre tout, la vie dure d’un intérimaire dans des usines de poisson, de viande, avec des « pauses » ( mouais, si on peut appeler ça des pauses! ) dans le domaine d’étude du narrateur, la direction de centre d’animation. Jamais je ne me suis lassée, bien au contraire, je fermais le livre à regret, laissant le narrateur et l’odeur du poisson ou de la viande crue qui lui collait à la peau, dans la froideur des salles d’usine et des frigos où décharger des kilos et des kilos de crevettes était son quotidien durant des jours.

J’ai compris le monde fermée de l’usine, ses douleurs, ses manques mais surtout ses joies à la pause café clope, ses anecdotes, ses hommes qui travaillent dur, qui répètent sans arrêt des gestes lents ou saccadés, tout dépend de ce que vous triez, pesez, déchargez, empaquetés, versez, coupez, tranchez, rangez, sentez et absorbez par toutes les pores de votre corps.

Des belles phrases, il y en a tout le livre, et si je devais n’en retenir que quelques unes, ce serait celles là, pour vous dire combien le livre de Joseph Ponthus est un hymne à la liberté et à la persévérance:

« J’en chie de cette usine,

De son rythme à la con,

De ses trucs insensés à faire tous les soirs ,

Ne pas le dire,

L’écrire ».

« Tout le monde ne fait au fond que de trimballer ses carcasses ».

« Je ne dois rien à l’usine pas plus qu’à l’analyse

Je le dois à l’amour

Je le dois à ma force

Je le dois à la vie ».

« Ma vie n’aurait jamais été la même sans la psychanalyse

Ma vie ne sera plus jamais la même depuis l’usine

L’usine est un divan ».

La poésie n’est pas morte, ça non, bien au contraire! Le monde en est rempli ! Reprenez-en un peu avec A la ligne, sans modération.

Amour propre de Sylvie Le Bihan – Editions JC Lattès.

Giulia a trois enfants, grands, assez grands pour qu’ils se débrouillent seuls. Du moins le pense t-elle. Elle a fini son rôle de mère. Mais existe t-il vraiment un jour où l’on cesse d’être mère ?

Il n’y a pas de répit, on reste mère toute sa vie et j’en avais pris pour perpète.

Le décor est planté et je peux vous assurer que l’histoire de Giulia vous touchera au plus profond de votre rôle de maman et de femme …

Brigitte Bardot dans « Le mépris » de Jean Luc Godard en 1963, tourné à la maison Malaparte

Amour propre c’est le livre de la quête: la quête de l’amour maternel – une mère absente -, la quête de l’amour réciproque – un divorce -, la quête de l’amour que l’on donne à ses enfants, la maternité et l’éducation, la transmission et la réussite, la quête de l’accomplissement personnel dans l’écriture et l’isolement. La quête de soi, pour résumer. La quête d’une vie de femme comme le résume Giulia  » devenir mère c’est être un exemple et je ne me suis jamais sentie à la hauteur, c’est ça qui me dérange. Je suis pleine de défauts, de contradictions, j’ai fait plein de conneries, j’ai aimé, j’ai divorcé […] ».

Un dépaysement italien

Et cerise sur le gâteau, pour se trouver, Giulia nous entraîne en Italie, sur l’île de Capri, dans un décor de rêve où la mer et la végétation ne sont que havres de paix, dans une maison d’architecte unique, la villa d’un écrivain italien célèbre mais oh combien mal connu et mal aimé pour ses écrits et ses engagements …

Être mère et être libre

C’est un thème décidément qui rythme mes lectures en cette année 2019. 2019 sera l’année de la Femme pour moi. Il y a eu Rose dans Né d’aucune femme de Franck Bouysse puis Alice dans A nous regarder, ils s’habitueront et son long chemin de la prématurité et maintenant il y a Giulia … Je peux même vous dire qu’il y en aura d’autres , des femmes assoiffées de liberté… Bientôt, bientôt …

Un roman qui casse les codes

Quels codes en fait ? Chaque mère a son histoire, chaque mère élève ses enfants du mieux qu’elle peut, elle n’a pas la recette miracle, parfois ils nous déçoivent, ils nous blessent, ils nous emmerdent grave, disons le, mais ils nous aiment aussi si fort, nous surprennent, nous font rire, nous rendent fiers et nous font penser qu’on n’a pas si mal réussi … Il y a cette très belle phrase prononcée par Maria dans le livre  » ils ( les enfants de Giulia) doivent trouver, seuls, leur place et il arrive un moment où l’avenir d’un enfant n’est plus la responsabilité des parents, c’est la sienne ».

Sylvie le Bihan: merci d’avoir osé aborder le sujet si délicat du « comment on aime ses enfants » et même si je m’éloigne à dix mille lieues de Giulia avec son sentiment de regret, comment en tant que mère ne pas s’interroger sur son rôle, ce qu’on a su donner à nos enfants et recevoir en échange, leur ingratitude parfois mais aussi et souvent leurs sourires, leurs réussites et leurs mercis car les mercis, ça ne pleut pas chez les enfants, c’est denrée rare … Comme Giulia,  » au moindre problème, à la moindre question, je me transformais en SIRI, en Google, je mettais mon cerveau en branle et ressentais une satisfaction démesurée aussitôt que je trouvais la solution.  » Giulia est l’esclave de ses enfants, mais une esclave consentante puisqu’elle veut tout leur faire, par commodité, histoire de gagner du temps; le dicton « on n’est jamais mieux servi que par soi même » prend ici tout son sens, quitte à y laisser toute son énergie. Des vampires, ces enfants !

Amour propre c’est aussi un très beau roman d’amour maternel, la lettre à la fin du roman m’a bouleversée, j’y pense encore des semaines après avoir fermé le livre …

Et au delà du roman qui marque, qui imprime, qui remue, j’ai rencontré une écrivain dont le franc parler est unique, une hyperactive au tempérament de feu, sa langue n’est pas souvent dans sa poche et ce qu’elle a à dire, elle ne passe par Rome ou Capri pour le dire ( Capri ? quoique !!) J’attends son prochain roman avec impatience.

Tanti auguri per il prossimo romanzo. Grazie mille Sylvie Le Bihan.

Salon du livre de Villeneuve sur Lot – mai 2019 – Sylvie Le Bihan à gauche, Lorraine Fouchet au centre. ( crédit photo Frédérique Lac)

Rencontres d’automne en terre montoise.

Librairie LACOSTE, samedi 21 septembre 2019 – Mont de Marsan.

Et ma PAL augmente, pour mon plus grand plaisir

21 septembre 2019: quatre nouveaux livres viennent enrichir ma Pile à Lire, 3 belles rencontres d’auteurs – 3 femmes de caractère et de grande humanité – un groupe de blogueuses des quatre coins du Sud Ouest -de beaux échanges littéraires en perspective- et les organisateurs sans qui rien n’aurait vu le jour: Nathalie, Marion et Michael.

  • Mille petits riens de Jodi Picoult (éditions Babel – Actes Sud) : merci Catherine, bookstagrameuse, j’ai tiré au sort ce bel ouvrage, j’en serai une digne lectrice
  • On n’efface pas les souvenirs de Sophie Renouard ( éditions Albin Michel), un livre, une rencontre, une femme de caractère et puis Btz …Tout l’été, je voulais acheter ce livre et quand j’ai su que Sophie venait dans ma ville, j’ai attendu …et ma patience a été plus que récompensée
  • Le bonheur n’a pas de rides de Anne-Gaelle Huon (éditions Le livre de Poche), son deuxième roman en format poche, une jeune auteur avec un sourire et un cœur gros comme ça ….
  • Sous le soleil de mes cheveux blonds d’Agathe Ruga (éditions Stock arpège), alias Agathe the book pour les blogueuses littéraires, un grand brin de fille qui pétille, qui vit à fond ses passions, une fille d’aujourd’hui qui mène tambour battant sa carrière et sa vie de maman

Pour ces Rencontres d’Automne, il y avait aussi Sabine Bolzan auteur de L’empreinte de la chair (éditions La Liseuse), Bruno Combes et son dernier roman Je ne cours plus qu’après mes rêves (éditions Michel Lafon), Laure Lapègue auteur de Playlist (éditions Booknseries), Serge de Bono, auteur montois de Crossroads (éditions AO). Il manquait Laurence Peyrin , auteur de Ma chérie (éditions Calmann Lévy).

J’espère qu’il y aura des Rencontres d’Hiver … Je dis ça, je dis rien. Merci à la librairie LACOSTE de Mont de Marsan de faire bouger la culture littéraire …

1 livre, 1 librairie …

Voici ma nouvelle rubrique …

Quelques jours en Normandie et en Bretagne et je vous parle très vite de mes 3 recommandations faites par 3 libraires passionnés ( oups, c’est un pléonasme – un libraire est forcément passionné non ? )

Virée en Normandie et Bretagne – juillet 2019

3 libraires, 3 styles différents : je vais m’essayer pour la première fois à la science fiction française avec les 700 pages des Furtifs d’Alain Damasio.

Alain Damasio évoque « Les Furtifs » dans La Grande Librairie

Depuis le livre Dune de Franck Herbert que j’ai lu à 15 ans, je n’ai jamais retouché à ce style de littérature. Et puis il y a Une femme en contre-jour de Gaëlle Josse, le portrait d’une photographe, une femme libre ( j’aime !), je connaissais le nom de l’auteur via l’amie d’une amie Facebook et le livre était plébiscité par la libraire, ça m’a donné envie. Enfin, le livre de cet ouvrier d’usine, à l’origine d’un journal d’entreprise dont le parcours m’a été raconté avec beaucoup d’enthousiasme par un libraire breton …Cela faisait longtemps que je voyais cette couverture avec ce corps désarticulé et dans la presse son auteur avec sa grande barbe rousse … Il n’est jamais trop tard.

Elsa Flageul – A nous regarder, ils s’habitueront .

Un petit bijou de délicatesse, de douceur et d’amour. Et si je devais ne retenir qu’une seule phrase dans ce roman extrêmement puissant ce serait celle là :

[…] « un matin, ce monde que tu ne connais pas encore, dont tu n’as pas idée même, ce monde ce sera toi. Tu es le monde.« 

Elsa Flageul au Salon du Libre de Villeneuve sur Lot – mai 2019

Me revoilà, c’était le 10 juin dernier. Le livre est lu, assimilé, décortiqué et digéré. Il aura fallu laisser passer quelques semaines.

Un enfant prématuré. 183 pages livrées avec une intensité, une richesse de sentiments dits ou tus, une tripotée de comportements et de réactions qu’on ne soupçonne pas quand on n’est pas encore devenu parent.

Avant de démarrer le livre, j’avais écouté Elsa Flageul en conférence, elle livrait le sujet avec délicatesse. Jamais je n’aurais pensé qu’on puisse autant décrire la prématurité avec une telle force, une telle envie de donner de l’amour.

La prématurité finalement on ne sait pas bien ce que c’est ! Certes, on a tous connu ou entendu des parents ou des connaissances ou tu sais, la voisine à truc ou la copine de machin… mais si on savait par où passent ces parents, on n’aurait plus le même regard.

Et l’on ne mesure certainement pas suffisamment le bonheur d’être parent d’un enfant qui vient à terme …

La lectrice que je suis, sensible et angoissée parce que maman, a accompagné Alice, l’héroïne, dans son accouchement, ses peurs, ses questionnements face aux médecins et leur discours scientifique où l’on ne comprend pas grand chose, ses comportements que je n’ai jamais pensé irrationnels, bien au contraire … Pour Alice, « dès le départ, devenir mère avait mobilisé en elle une détermination dont elle ignorait tout ».

Alice flippe tout le temps, est à fleur de peau tout le temps, sur le qui-vive sans cesse, elle ne sait pas comment se comporter face à la médecine – comme s’il y avait un code de conduite à respecter – face à son mec, face à sa famille, ses amis, « elle qui n’a jamais senti combien la vie peut être friable, misérable, le corps délicat de l’enfant entre les mains de l’ogre … ».

On vit au rythme de l’attente, de l’angoisse et de la peur de voir mourir son enfant

Les bips, les alarmes, les sons pas normaux, les courbes sur le moniteur, les chiffres qui dansent la gigue, les fils tendus, branchés, débranchés, rebranchés, les tubes, les lumières dans la couveuse, les bruits de respiration, les silences, les plissements d’yeux douteux, les bouches qui se tordent, voilà le quotidien d’Alice et de Vincent pendant quelques mois, surtout d’Alice.

Le roman d’Elsa Flageul est un hymne à la vie, un rayon de soleil et pose la question du couple face à la prématurité

La prématurité ça vous change une femme: Alice « n’avait jamais été aussi humble, aussi fragile, aussi compatissante ».

Mais ce roman ne parle pas que de prématurité, bien au contraire : Elsa Flageul pose tous les questionnements d’une femme qui devient maman: son rôle et sa place au sein de la famille, sa relation à l’enfant – serai-je à la hauteur ? serai-je faire les bons gestes ? – son couple, sera t-il assez solide ? vais-je l’aimer autant qu’avant ? la féminité, la libido, la vie sexuelle, est-ce que ça va changer avec l’arrivée d’un enfant ? l’organisation future, le travail, les horaires etc.

Ce roman , c’est une très belle histoire d’amour.

A Elsa Flageul, d’une grande douceur dans la voix, le regard et le sourire, d’une bienveillance qui vous apaise et vous rassure – j’ai confié la phrase que j’avais prononcée 18 ans auparavant à mon amie Sophie, quelques mois après la naissance de ma fille : Sophie a sonné à ma porte, j’ai ouvert en larmes et dit  » tu sais Sophie, être maman c’est le plus dur métier du monde ».

Je crois que c’est vrai encore aujourd’hui. Mais c’est certainement le plus beau. Elsa Flageul et moi étions d’accord. Belle lecture à vous.

Qui sait à quel point devenir parents nous révèle …

Un bonheur sans pitié de Eric Genetet.

Editions Héloïse d’Ormesson – 2019

Rarement j’ai lu une histoire d’amour aussi toxique et manipulatrice … Alors ce ne peut pas être une histoire d’amour …

Marina y croit fort pourtant, elle aime, entière, Son homme, celui qu’elle pense être celui de sa vie ….

Six mois, c’est ce qu’il lui aura fallu pour découvrir le vrai visage de celui qu’elle aime, enfin, qu’elle pense aimer car l’amour a t-il vraiment ce visage ?

« Son parfum ne la quittera plus, plus jamais, c’est une addiction qu’elle devine mortelle, contre laquelle elle est impuissante ».

L’amour rend aveugle, ce n’est pas une théorie, je vous l’assure.

Eric Genetet nous livre un roman où vous aurez envie de tout casser, si vous êtes une femme, une amoureuse, une sœur, une mère, une fille, une copine … Je me suis toujours placée du côté de Marina, j’ai toujours été sans pitié pour Son homme: à chacune de ses réactions envers elle, à chacun de ses mots prononcés, acerbes, tranchants et dégradants, à chacun de ses reproches, ses critiques, ses sautes d’humeur, ses gestes déplacés, en lisant, je me disais mais quel connard, quel salaud …

Comment peut-on en arriver là en amour ? comment peut-on se laisser humilier physiquement et verbalement ? comment peut-on accepter les reproches, les critiques, les sautes d’humeur, quand rien n’est fondé et que tout repose sur la mauvaise foi, la hargne et la haine d’un homme ?

Marina, jeune femme équilibrée, fait pourtant le grand plongeon vers un amour passionné qui vire très rapidement vers une relation brutale et humiliante.

« Pendant six mois, Torsten a injecté dans le corps de Marina des shoots de bonheur puissants avant de tarir sciemment la source ».

Comme le dit si bien sa sœur:  » Tu as ouvert ton cœur et ton âme à un tyran « . Marina ne la croit pas …. Marina, réveille toi et réagis !

« Je n’aurais jamais imaginé devenir cette fille-là. Personne ne peut comprendre pourquoi je ne quitte pas Torsten parce que je l’ignore moi-même ».

Un roman qui vous scotche pendant 157 pages

Sans jamais juger qui que ce soit, Eric Genetet nous raconte une histoire d’amour ordinaire, au début … avec des gens ordinaires, au début …. sauf que quelques mois plus tard, il y a parmi ces gens ordinaires, un homme qui manipule, qui humilie psychologiquement et physiquement, qui réagit de manière incontrôlable, qui tarit, assèche, assoiffe, réduit en miettes celle qu’il dit aimer … et une jeune femme équilibrée, avec une famille aimante et chaleureuse, un boulot qui lui plait, qui souhaite fonder une famille, qui va sombrer dans un enfer amoureux où elle perdra confiance et acceptera l’inacceptable …

Une spirale infernale, une descente aux enfers de l’amour destructeur, le grand 8 de la fête foraine lancé à grande vitesse, la mise à mort d’un taureau dans l’arène où l’on sait que c’est forcément l’Homme qui gagne …. C’est ça Marina et Torsten…

Je ne vous en dis pas plus, le roman d’Eric Genetet est un petit bijou de psychologie qui sait mieux que personne parler de manipulation, de relation toxique et de déchéance physique et mentale … L’enfer en amour existe, on a du mal à imaginer qu’un homme comme Torsten existe et pourtant …

Une belle rencontre avec un auteur que je ne connaissais pas

Eric Genetet a cette allure d’un homme tranquille, souriant, rassurant et bien dans ses baskets… Il écrit le quotidien de nombreux couples qui se déchirent et sombrent dans un enfer amoureux et nous ramènent à nos propres histoires d’amour …

Avec votre roman, j’ai compris bien des choses ou du moins je les ai mieux analysées : quand les larmes et la mésestime de soi sont plus fortes que les rires, les partages et les bons moments dans un couple, alors on sait que c’est foutu, on ne s’en sortira pas indemne … Il faut alors s’en aller.

L’amour vrai, simple, où l’on n’a pas peur de dire et faire mal, de dire et faire ce que l’autre peut vous reprocher, l’amour tranquille où l’on peut refaire le monde, boire un verre en terrasse et déguster un bon plat de pâtes, un amour où l’on tolère ce que l’autre est, a vécu, les codes qu’il a mis en place et les valeurs qu’il porte, cet amour là existe. C’est l’Amour, celui qui rend heureux.

Eric Genetet – Salon du livre de Villeneuve sur Lot – 2019

Ruine

L. passa devant le restaurant où elle l’avait rencontré et avait su que ce serait lui … Le bâtiment en pierre de taille et aux boiseries apparentes n’était plus neuf ans après qu’un tas de béton, tagué et éventré, plus de fenêtres, plus de porte, envahi de ronces et de hautes herbes, une bâtisse à l’abandon et en ruine comme son histoire avec lui. Un champ de bataille.

# histoire d’amour # une ruine # une vie – 2019- FL – 27 juin 2019

Voilà l’été, voilà l’été …

Les Victorieuses de Laetitia Colombani – éditions Grasset – 2019

De belles tranches de vies …

Vous allez en voir partout, des listes, des « coups de cœur », des « lectures préférées », alors je ne faillis pas à l’envie de vous faire part de mes lectures d’été ( en plus de tous ces livres qui m’attendent patiemment sur mon rebord de cheminée …)

1er livre de l’été 2019 : Les Victorieuses

Laetitia Colombani a écrit La Tresse en 2017 , a eu un succès fou, un succès « populaire » comme aiment à dire certains journalistes, pour certains c’est un peu péjoratif, en fait ça veut dire que son livre a plu à des milliers de lecteurs comme vous et moi et que même si elle n’a pas eu le prix Trucmuch, eh bien, elle a conquis le cœur de milliers de femmes et d’hommes … C’est ça le vrai succès non ?

Donc … on attendait le prochain livre avec impatience et il est là pile pour l’été …

Les yeux fermés, acheté en 2 minutes dans la librairie de mon centre ville ( oui oui ça existe toujours les librairies en ville !), je ne sais rien du livre, je n’en ai lu que la quatrième de couverture et cela me suffit.

Bonne lecture à tous, moi de mon côté je me détends, je m’allonge sur mon transat sous un parasol tartinée d’écran total, je prends quelques semaines de vacances et je reviens vous en reparler …

Belle vacance a tutti …

Avec des Si et des Peut-être …

C’est le roman de Carène Ponte aux éditions Michel Lafon – 2018

Un roman « Je me sens bien » …

Merci à mon amie Martine : cadeau d’anniversaire !

Petite mise au point avant d’attaquer dans le dur :

1: j’ai fait le choix de ne pas parler de roman Feel good … Avec moi, ce sera le roman « je me sens bien », OK ça fait moins glamour mais peu importe, j’assume… Et les mots français sont si beaux, faudrait pas les gâcher. Attention, cela ne veut pas dire que je n’aime pas la langue anglaise, vous la trouverez parfois dans mes commentaires. Love.

2: le roman « je me sens bien » est un VRAI roman avec une histoire, une intrigue, des personnages, des lieux, des flash back, des sentiments, des rires et des larmes, c’est le pays joyeux des enfants heureux, ah non ça c’est Casimir et l’Île aux Enfants … Je m’égare, oups ! Je disais donc que le livre de la rubrique « je me sens bien » n’est pas un livre de bas étage, de pacotille, pour des QI d’huîtres ou de moineaux , non le livre « je me sens bien » c’est un roman qui fait écho à ce que vous pouvez vivre de beau et heureux comme de triste et douloureux, ou pas, vous faites votre propre comparaison , il y a forcément autour de vous une amie, un pote, une tante, une mère, un voisin, une collègue, un patron qui a vécu une situation ou une histoire que raconte le livre « je me sens bien » car ne croyez pas que tout y est rose : vous connaissez vous des vies à l’eau de rose où il n’y a pas de larmes versées parce que vous avez loupé un exam, loupé votre parcours sup, loupé un entretien ou votre orientation professionnelle, parce que vous ne trouvez pas de boulot après quatre années d’études et que vous vous retrouvez à vendre du petit électroménager dans une grande surface .. parce que vous n’avez pas la vie dont vous rêviez, parce que la vraie vie c’est voir des parents, des amis proches tant aimés partir dans un accident ou d’une s…….e de maladie, il faut survivre après ça …une vie où l’on vous plaque comme une vielle chaussette sans explication, stop, je peux vous en citer des dizaines de situations où la vie nous malmène mais aussi et surtout nous aime…

Alors pour tout ça, lisez le livre de Carène Ponte

Maxine est une héroïne d’aujourd’hui, professeur de français, elle aime rire, discuter avec ses amies, plaire et sortir; elle se pose surtout beaucoup de questions sur sa vie amoureuse et sa vie professionnelle et bien sûr avec des si et des peut être, on peut en faire des choses mais et le carpe diem, vous en faites quoi ? Attention, à trop réfléchir, il pourrait bien s’envoler ! Ne laissez pas passer votre chance …

Maxine: « Ce n’est pas que je n’aime pas ma vie, non: je l’apprécie, ou en tout cas elle ne me déplaît pas. C’est juste que je me demande toujours ce qu’elle pourrait être si je faisais les choses différemment.« 

Et puis il y a les regrets, ah ces fichus regrets qui vous collent comme un chewing gum aux baskets et qui filent dès qu’on essaye de les décoller …Ils sont coriaces les regrets, de vraies sangsues … Sauf que Maxine va vivre une expérience surnaturelle, inédite et interplanétaire … »Imaginez qu’on vous offre la possibilité de faire bifurquer la ligne du temps … « 

Alors oui, vous feriez quoi si vous vous réveilliez dans une autre vie que celle que vous vivez depuis toujours ?

Détendez-vous, prenez un transat, laissez-vous aller à la rêverie et vous verrez que vous réaliserez, comme Maxine, […] que vous étiez heureux de votre vie, que vous l’aviez choisie et qu’elle vous apportait l’équilibre dont vous aviez besoin. »

Petite cerise sur le gâteau, si vous lisez le roman, page 246, Maxine l’héroïne évoque un moment de détente en musique … là je suis fan. Love.