Dolce far niente – lectures d’été

Une petite play-list des romans que j’ai lu récemment et qui pourront vous être agréables pour un moment de dolce far niente.

PARADISE GARDEN

Direction l’Allemagne et la Hongrie avec le roman Paradise garden de Elena Fisher aux éditions Gallmeister

Billie, 14 ans et sa mère Marika ont quitté la Pologne pour venir s’installer en Allemagne où elles vivent modestement mais heureuses entourées de leurs voisins fantasques. Quand Billie perd accidentellement sa maman, elle décide de partir en direction de la mer du Nord à la recherche de son père qu’elle ne connait pas, qu’elle n’a jamais vu, avec pour seul indice une vieille photo déchirée.

Paradise garden est un road trip extraordinaire à travers des paysages hostiles et froids et surtout le portrait inoubliable d’une adolescente lumineuse qui a grandi trop vite, au courage exemplaire, d’une sensibilité qui vous touchera en plein cœur.

Le final inattendu est à la hauteur de ce roman qui m’a littéralement scotchée.

UN SECRET AMER

Direction Capri et Sorrente avec Meurtres à Capri tome 2 de Luca Ventura au Livre de Poche

Rares sont les fois où je lis un policier, « un giallo » en italien. J’avoue, cette intrigue au cœur de l’Ile de Capri et à Sorrente m’a tenue en haleine.

Elisa Constantini meurt au volant de son triporteur dans des circonstances mystérieuses. Accident ? Vengeance ? Erreur humaine ? L’agent Rizzi et sa coéquipière Cirillo vont avoir du pain sur la planche, dans une île où tout le monde se connaît, où les familles qu’on croit amies deviennent vos pires ennemis, où le profit l’emporte parfois sur les considérations humaines, et cette fichue loi du silence.

Une enquête bien menée au pays du limoncello.

GIANNI LE MAGNIFIQUE

Partons à Turin et dans le monde entier avec Gianni le Magnifique ( alias Gianni Agnelli) de Stéphanie Des Horts chez Albin Michel

La Fiat vous connaissez, la Juventus de Turin aussi mais derrière cet empire industriel et commercial se cache une famille, les Agnelli et son héritier Gianni. Enfin, « se cache » n’est pas approprié pour Gianni qui sera presque plus connu pour ses conquêtes féminines que ses prouesses de businessman.

Et c’est justement ce que ce roman nous permet de faire, choisir ou pas entre le dandy coureur de jupons, amoureux de toutes celles qu’il a croisées sur sa route sentimentale, goujat de première parfois et mari infidèle ou l’homme précurseur, courageux pendant la guerre, diplomate, calculateur et ambitieux qui le mènera au sommet.

Personnellement, le mélange des deux m’a bluffée. Ce qui est certain, c’est que les Agnelli ne vous laisseront pas indifférents et Gianni questionne. A vous de décider.

DU MAUVAIS CÔTÉ

Revenons à Milan avec le magnifique premier roman de Davide Coppo, Du mauvais côté chez Calman Levy.

Milan et ses environs, ses groupes réactionnaires et militants, une jeunesse qui tourne en rond dans les années 80, qui se cherche. Et l’histoire d’Ettore qui bascule lentement vers une idéologie fasciste.

C’est un roman sombre et à la fois rempli d’espoir, qui parle des mauvaises relations que l’on tisse et les colères que l’on exacerbe jusqu’à la violence physique. Jusqu’à se retrouver du mauvais côté. Un énorme coup de cœur pour ce jeune auteur italien qui promet.

LES BIENS AIMES

Traversons l’Atlantique, direction Chicago et New York où nous attendent les 4 sœurs Padavano dans le roman de Ann Napolitano, Les bien aimés aux éditions Les Escales.

La littérature américaine m’a toujours fait ça: j’ai toujours un peu de mal à entrer dans le roman et puis abracadabra! je ne peux pas lâcher cette famille Padavano qui s’aime, se sépare, se détruit, s’abandonne, revient, se redécouvre, oublie le passé pour mieux se reconstruire. On est dans les années 80 où la jeunesse américaine est soit libérée soit ancrée dans des traditions austères. Le personnage de Rose, la mère, m’a déstabilisée de part sa fuite, son égoïsme et sa soi-disant façon d’aimer sa famille.

Et forcément, on a tous quelque chose en nous des sœurs Padavano alors allez-y, go go go ! A great book.

LES HÉRITIERS DE LISBONNE

Et pour terminer votre voyage, revenons en Europe à Lisbonne avec le roman de Gabriel Blanchard, Les héritiers de Lisbonne aux éditions Maison Pop.

Comme Revoir Palerme de Magali Discours dans la même édition, nous voici emmenés dans la ville de Lisbonne et sa campagne environnante.

L’histoire de 2 vies entremêlées à 2 époques éloignées qui vous happent dès les premières pages.

J’ai adoré, c’est un roman vibrant, très émouvant et encore une fois, la fin vous laisse sans voix.

Lisbonne regorge de beautés, notamment l’histoire des azulejos qui tient une grande place dans le roman, que vous aurez certainement envie de découvrir lors d’un prochain séjour.

Mes lectures de l’été 2020

La vita bugiarda degli adulti d’Elena Ferrante aux éditions Gallimard.

Il était très attendu ce nouveau roman de l’énigmatique Elena Ferrante, auteur de la trilogie de l’Amie Prodigieuse . Un conseil, ne le comparez pas à l’Amie Prodigieuse: ce nouveau roman, bien qu’il se passe dans le Naples riche et le Naples pauvre, décortique à la sauce aigre douce ou piquante – c’est vous qui le direz- la vie de Giovanna , adolescente de 15 ans en proie à tous les questionnements que peut avoir une jeune fille de son âge, au milieu du monde des adultes qu’elle découvre fourbe, traitre et menteur.

Elena Ferrante brosse un portrait d’ado avec une finesse extrême, parfois de manière crue mais toujours avec cette volonté de ressentir et de comprendre les émotions, de se construire en respectant ses choix, ses envies et sans redouter les jugements des adultes qui eux ont aussi beaucoup de choses à cacher. Tout le petit monde de Giovanna s’écroule comme un château de cartes mais la plume acerbe et déterminée d’Elena Ferrante sera pour nous, lecteurs adultes et lecteurs parents, une véritable introspection et une grande leçon de vie sur la difficulté mais aussi la joie de vivre avec nos ados.

Dans un autre registre, Elena Ferrante réussit la prouesse de nous emmener dans un road movie intellectuel et émotionnel qui nous questionne sur notre rôle de parents et ce que nos ados attendent de nous. Alors, n’hésitez pas, partez à Napoli avec Giovanna !

Les Demoiselles de Anne-Gaëlle Huon aux éditions Albin Michel.

Après le très beau Le Bonheur n’a pas de rides (Le Livre de Poche, n°), Anne-Gaelle revient avec une pépite. Une pépite qui a le doux prénom de Rosa, de Colette, de Véra et tant d’autres femmes qui sont les héroïnes de cette ode à la liberté féminine, à la détermination, au raffinement et à l’amour. Elles sont Hirondelles, ces filles espagnoles qui cousent à longueur de journée à l’usine d’espadrilles pour gagner de l’argent et se constituer un trousseau, Demoiselles, ces cocottes des beaux quartiers parisiens ou encore domestiques. Mais elles ont toutes le même rêve, être libre: libre d’aimer, de faire les choix de vie qu’elles auront décidé, libre de travailler et d’entreprendre, tout simplement libre de vivre la vie qu’elles se seront choisi. De Mauléon à Paris, de la côte basque aux appartements de luxe parisiens, Anne-Gaelle nous transport dans des mondes secrets et intimes. Écrit avec délicatesse et sincérité, Les Demoiselles ne pourra que vous toucher et vous n’oublierez pas de si tôt Rosa et les autres, leurs destins et leurs rêves vous accompagneront un long moment. Coup de cœur assuré pour ce roman lumineux et oh combien palpitant.

Photo réalisée à la boutique Art of Soule à Biarritz- Espadrilles fabriquées à Mauléon

La bibliothécaire d’Auschwitz d’Antonio G.Iturbe chez Flammarion.

Sujet grave, sujet poignant, le titre du roman de l’espagnol Antonio Iturbe paru en 2012 parle de lui même, c’est un roman qu’on n’oublie pas, une fois la dernière page fermée.

Dita a quatorze ans quand elle est emmenée au camp d’Auschwitz avec ses parents et elle aura la lourde mais oh combien noble tâche d’être la gardienne de huit manuscrits qui serviront à l’instruction des enfants dans le bloc 31.

Roman historique qui nous en apprend encore sur ce camp de la haine et de la mort, sur les atrocités vécues par les prisonniers, sur le sanguinaire docteur Mengele et ses expériences. Roman de l’espoir avec des personnages prêts à se battre et surtout à ne jamais baisser les bras face à ce déferlement de violence, face à la faim, au froid, à la maladie et aux épidémies, face à un avenir où la mort se joue à pile ou face.

Dita est courageuse, dévouée, délie les situations parfois cruelles en donnant aux autres de son temps, de cette joie de vivre qu’il lui reste et de ce brin d’humour qu’elle utilise avec ses copines de camp, pour adoucir leurs inquiétudes et leur quotidien.

Roman éprouvant, roman qui interpelle, roman qui bouleverse mais roman qui fait comprendre. Vu dans les yeux d’une adolescente prête à tout pour s’en sortir et sortir sa famille et ses amis de ce camp de l’horreur, gardienne de huit trésors que sont ces livres, comme le dit son professeur: « Tu me sembles être une fille très courageuse ». « Mais je tremble ! avait elle répondu, dévastée ».  » Et c’est pour cette raison que tu es courageuse. Les courageux ne sont pas ceux qui n’ont pas peur. Ceux-là, ce sont les téméraires, ceux qui ignorent le risque et se mettent en péril sans être conscients des conséquences. »

 » C’est vrai: la culture n’est pas nécessaire à la survie de l’homme, seuls le sont le pain et l’eau. Mais si l’homme peut survivre en ayant du pain à manger et de l’eau à boire, quand il n’a que cela, c’est l’humanité tout entière qui s’éteint. Si l’homme n’est pas ému par la beauté, s’il ne ferme pas les yeux pour mettre en marche les mécanismes de son imagination, s’il n’est pas capable de se poser des questions et d’entrevoir les limites de son ignorance, c’est un homme ou c’est une femme, mais ce n’est pas une personne; rien ne le distingue d’un saumon, d’un zèbre ou d’un bœuf musqué. » Antonio G. Iturbe.

Voilà l’été, voilà l’été …

Les Victorieuses de Laetitia Colombani – éditions Grasset – 2019

De belles tranches de vies …

Vous allez en voir partout, des listes, des « coups de cœur », des « lectures préférées », alors je ne faillis pas à l’envie de vous faire part de mes lectures d’été ( en plus de tous ces livres qui m’attendent patiemment sur mon rebord de cheminée …)

1er livre de l’été 2019 : Les Victorieuses

Laetitia Colombani a écrit La Tresse en 2017 , a eu un succès fou, un succès « populaire » comme aiment à dire certains journalistes, pour certains c’est un peu péjoratif, en fait ça veut dire que son livre a plu à des milliers de lecteurs comme vous et moi et que même si elle n’a pas eu le prix Trucmuch, eh bien, elle a conquis le cœur de milliers de femmes et d’hommes … C’est ça le vrai succès non ?

Donc … on attendait le prochain livre avec impatience et il est là pile pour l’été …

Les yeux fermés, acheté en 2 minutes dans la librairie de mon centre ville ( oui oui ça existe toujours les librairies en ville !), je ne sais rien du livre, je n’en ai lu que la quatrième de couverture et cela me suffit.

Bonne lecture à tous, moi de mon côté je me détends, je m’allonge sur mon transat sous un parasol tartinée d’écran total, je prends quelques semaines de vacances et je reviens vous en reparler …

Belle vacance a tutti …